mercredi 7 janvier 2015

Tanzanie : en route pour le Katavi national parc


La route depuis Subwanga est vraiment magnifique, c'est du bonheur, sauf pour nos mollets qui sont mis à l'épreuve. Le goudron s'arrête juste après quelques kilomètres de la ville, nous « profitons » d'une piste. La route est en construction un peu partout, c'est un vrai chantier qui nous fait profiter de sa poussière !! La piste, cela a un petit côté aventurier pas désagréable mais cela nous demande aussi beaucoup plus d'efforts.





10 kilomètres avant Kisi on s'arrête à Paramawe devant une immense clôture où il y a de belles et grandes maisons. Que font ces maisons modernes ici ? Nous demandons au gardien si nous pouvons dormir ici, Le chef nous reçoit. C'est un suédois vivant au Kenya, Lennart. Il est l'ingénieur chef de l'entreprise de consultants qui supervise les travaux de la route. Nous discutons un bon moment, la discussion est intéressante. Il donne l'ordre de nous ouvrir une maison non occupée. Nous voilà donc installés dans une maisons avec 3 immenses chambres, 2 salles de bain, une cuisine un salon/salle à mangé démesuré... Zoé est aux anges. Nous prenons une douche. Lennart vient nous chercher pour nous emmener manger dans le camp d'à côté. Ce sont des chinois qui font les travaux.

Nous sommes super bien accueillis par les chefs, Robert Peng et David (se sont des noms d'usage pour faciliter les échanges internationaux). Le repas est excellent et encore je ne trouve pas de mot pour le décrire tellement tous nos sens ont été sublimés. Le repas est même accompagné de bon vin. Il faut dire que pour nous qui ne mangeons que du riz et des haricots tous les jours cela change, un repas chinois en plein milieu de la Tanzanie !!

La discussion s'allonge jusqu'à tard. Je crois que pour ces expatriés nous sommes un peu comme un spectacle, un événement qui casse un peu leur routine loin de chez eux. Ils sont même contents de rencontrer d'autres personnes blanches avec qui ils peuvent échanger plus qu'avec les Tanzaniens.

Dur, dur de partir. Eh oui, le confort nous prendrait vite au piège !! Nous remercions et disons au revoir à Lennart et nous passons aussi saluer les chinois qui nous accueillent encore chaleureusement et nous invitent à manger. Avant de partir, ils nous offrent pleins de cadeau, de l'eau, des gâteaux, des dattes, des chips...





La route, ou plutôt la piste jusqu'à Kibaoni est comme les jours précédents super jolie, voire un peu plus montagneuse. Nous poussons donc les vélos, mais nous profitons aussi de belles descentes caillouteuses ! Juste avant Kibaoni nous retrouvons une portion de route nouvellement goudronnée mais que sur une dizaine de kilomètres, en plein milieu de nulle part, si ce n'est de la maison d'une personnalité quelconque !!

Kibaoni est le dernier village avant le Katavi National Park. Il n'y a pas de guest house. Après plusieurs demandes?  on se retrouve devant le poste de police. Nous poserons notre moustiquaire ici. Les policiers ne veulent pas que nous traversions le parc en vélo, c'est soit disant interdit sauf que rien n'est dit nulle part !! Nous pouvons comprendre car il y a 70 km de piste à faire sans aucun village, ce qui est un peu beaucoup pour nous également. Par contre nous ne pouvons pas faire demi-tour, trop de kilomètres parcouru pour arriver jusqu'ici. Bref, les policiers nous proposent d'arrêter une voiture le lendemain pour nous faire traverser !

Au petit matin on se dépêche de tout plier pour être prêt à partir à la première voiture. L'attente commence !! Elle durera jusqu'à 16 h, pas une voiture ne passe, juste un ou deux bus plein à ras bord sont passés depuis se matin. Nous commençons même à nous inquiéter, mais les policiers eux restent sereins.
A 16h arrive enfin un 4X4 avec 7 gardes, et dedans un matelas énorme... Ils viennent nous voir et nous disent qu'ils vont nous faire traverser !!! Avec Jm on se demande bien où ils vont bien pouvoir nous mettre avec tout notre barda !!

Nous enlevons toutes les sacoches des vélos. Les gardes chargent d'abord le pino qui prend tout l'arrière de la voiture. Les deux autres vélos seront accrochés sur les côtés mais à l'extérieur de la voiture, suspendus dans le vide !!!



Nous chargeons les sacoches puis nous montons, les enfants sont contents car avec cette voiture de safari, cela fait vraiment aventure comme dirait Yan !!! Trois gardes montent dans la cabine, nous montons sur la banquette extérieure et les quatre autres gardes montent comme ils peuvent sur les vélos les sacoches... un garde se met debout de chaque côté de nous comme pour nous protéger d'une éventuelle chute. C'est parti !!! Quelques kilomètres plus loin nous rentrons dans le parc. Allons nous voir des animaux ???

Très vite l'excitation augmente à la vue de nos premiers quater back, puis ce sera des éléphants, girafe, une rivière remplie d'hippopotames, un crocodile et un gros lézard. Nous finirons ce beau spectacle avec un couple d'éléphants et leur petit !! WHAOU !! c'est génial. Nous avons l'impression de faire un safari en accéléré.

Les gardes nous déposent au « riverside campsite » avant de continuer leur route. Merci à eux de nous avoir sorti de Kibaoni.
Le camping a un énorme potentiel, mais comme bien souvent il est un peu à l'abandon, sauf le prix qui est à la hauteur d'un camping en bon état !!! Bref, avant de repartir, nous allons observer les hippopotames dans la rivière qui borde le camping. Nous ne sommes qu'à quelques mètres de ces grosses bêtes qui se prélassent dans l'eau. Le bruit qu'ils font et l'ouverture de leur gueule sont impressionnants. Nous restons un bon moment à savourer ce spectacle que nous offre la nature sauvage de l'Afrique.

Nous reprenons nos vélos pour rejoindre la ville juste à côté, Sitaliké. Une ville sans intérêt sauf si vous ne pouvez faire autrement. Nous avons l'impression qu'elle est au ralenti. Même trouver à manger aux heures de repas n'est pas simple. Il semble qu'ici l'activité principale soit de palabrer sous les arbres !!! La guest house est pas top, mais bon moins chère que le camping. Nous sommes surpris qu'une ville aux portes d'un parc national ne soit pas plus organisée pour les touristes !!

Bref, rien de bien grave non plus, la seule chose qui nous motive c'est le safari qui est prévu dans le parc.

Dimanche 7 septembre 2014, c'est le grand jour. Juma le guide vient nous chercher comme prévu à 7h30. Nous montons dans la voiture qui a le toit ouvert. Dans un premier temps nous allons à l'entrée du parc pour payer le droit d'entrée, 30 USD (Dollars) pour les adultes et 10 pour les enfants. Puis c'est parti pour une journée complète d'immersion dans la savane africaine. Du pur bonheur, de la magie...




Très vite nous croisons des girafes, des impalas, des phacochères... à un moment Juma s'arrête pour examiner la piste à la recherche d'une empreinte. Au même moment Jm voit quelque chose bouger sur la piste à juste quelques mètres devant nous !! C'est un lion tranquillement installé sur la piste. Il est magnifique et ne bouge même pas à notre approche. Dans la voiture c'est l'excitation mais en silence pour ne pas affoler la bête. Nous le mitraillons, ses pattes sont impressionnantes. Soudain il se lève et s'en va tranquillement.





Quelques mètres plus loin ce sont des lionnes avec deux petits qui nous font le plaisir de se laisser approcher et observer. C'est trop mignon. Il y a même un lionceau perché sur une branche du petit arbre sous lequel la troupe se repose. Jean-marie craque pour ce petit. Nous restons un bon moment à les observer, nous sommes les seuls, c'est plutôt magique.





En effet ce parc n'est pas aussi touristique que le Sérengueti et autres, ce qui a l'avantage qu'il n'y a pas une queue de voitures attendant leur tour pour votre l'animal.
Nous verrons aussi des hippopotames, des crocodiles, des aigles pêcheurs, buffles, mangoustes...

Pour la pause déjeuner nous nous arrêtons sur une aire de pique nique plutôt bien aménagée. Nous mangeons avec comme décor la savane où se promènent quelques girafes, un vrai tableau vivant !



L'après midi est dans la continuité de la matinée. Nous revoyons notre ami le lion en train de dormir à l'ombre d'un palmier, nous prenons encore le temps de l'observer, Juma à bien compris que nous étions admiratifs. Le Lion est paisible, il nous regarde, nous le regardons. Plus loin se sont des dizaines d'hippopotames pataugeant dans une eau remplie de leurs excréments. Nous y retrouvons un photographe professionnel travaillant pour un guide de voyage très célèbre. Nous discutons un peu, il est de Mugron !!! Juste à côté de Mont de Marsan, la planète n'est pas si grande !!!

Il fait nuit quand nous rentrons à Sitaliké, nous remercions Juma qui nous a bien accompagné pour cette journée mémorable. Nous nous couchons la tête remplie d'animaux sauvages !!
























lundi 5 janvier 2015

Tanzanie 2 : Dur dur pour Jean-marie

Premiers jour en Tanzanie difficiles pour Jean-marie.

Nous sommes le lundi 25 août 2014, Jm à très mal dormi. Au lever il ne se sent pas bien, mais décide tout de même de prendre la route, enfin la piste. Je vois Jm prendre sur lui pour avancer, mais arriver à Kaluko village à 17 km de la frontière, il n'en peut plus. Nous nous arrêtons dans ce petit village. Une foule nous entoure, tout le monde le regarde souffrir mais personne ne nous propose quelque chose ou nous vient en aide ! Nous voulons trouver un coin pour nous installer et dormir. Nous demandons donc la possibilité de dormir dans l'église, mais ils ne veulent pas. Les villageois nous indiquent une guest house, mais celle-ci est à plusieurs kilomètres. Jm ne peut plus avancer. Les villageois restent là, plantés à nous regarder !! Nous finissons par nous énerver, sans doute trop fatigués pour supporter de les voir rire en nous regardant. Nous leurs demandons de l'aide.

A partir de ce moment, tout le monde devient gentil, on nous accompagne dans un local, un peu comme la « mairie » ! Une femme, Margaret, amène  matelas et couverture pour Jm. On nous apporte de l'eau, puis à manger pour le soir... Les enfants Tanzaniens restent devant la porte et aux fenêtres, nous sommes l'attraction de ce village au bout du bout de la Tanzanie, où j'imagine personne ne passe et encore moins des blancs. Nous comprenons leur curiosité, mais elle est parfois trop présente. Pas simple d'être impassible tout le temps. Je mets donc les paréos aux barreaux pour essayer d'avoir un peu de tranquillité. Ne jamais partir sans paréo. Si, si, je ne blague pas, un paréo vous sert à beaucoup de chose, comme nappe, comme serviette, comme foulard, comme sac à dos, comme oreiller, comme rideau.....





Jean-marie s'écroule et dors toute l'après midi. Avec les enfants, on s'occupe calmement, nous sommes fatigués aussi.

Le lendemain, Jm se sent mieux. Nous remercions tout le monde et nous reprenons la route. Les paysages sont magnifiques avec des champs un peu partout et des montagnes. Nous traversons le petit village de Sopa très bien aménagé avec une très belle église en pierre à flanc de colline. Nous sommes surpris, cela faisait longtemps que nous n'avions pas croisé une telle église.





Quelques kilomètre plus loin, nous nous arrêtons dans un gros village, Mataï. C'est un village très actif, avec des moulins à huile et à farine qui font un bruit étourdissant. Nous trouvons une guest house. Nous souhaitons prendre le bus pour aller voir le lac Tanganika qui nous a laissé sur notre faim en Zambie. Nous apprenons que le départ est tous les jours à 7h du matin.
Nous nous levons donc vers 5h du matin, afin de déjeuner, se préparer et aller à pied jusqu'à l'arrêt sans arriver trop tard pour être sur d'avoir de la place.

Il fait encore nuit, tout le village est silencieux et calme, seules quelques personnes commencent à installer leur commerce. Les femmes balayent devant leur magasin en mouillant le sol poussiéreux. Nous arrivons à l'arrêt, le patron du resto nous confirme que c'est bien ici. Il est 6h30, nous sommes les seuls. Nous attendons que le patron finisse d'ouvrir son resto pour prendre du thé et des chapatis. Il fait assez froid. Nous attendons. 7 heures passe, nous connaissons la ponctualité africaine, alors pas de panique, nous attendons encore un peu. Au bout d'un moment nous nous interrogeons sur le fait que personne ne vienne attendre aussi. Nous redemandons au patron, il nous confirme que c'est bien à 7 heure mais à 7 heure du soir !!!! Nous sommes dégoûtés, et dire que le patron qui nous regarde depuis 6h30 et à qui nous avons posé la question n'a même pas réalisé que nous nous étions trompés !! Sans doute  n'était-il pas bien réveillé !

Nous rentrons donc à la guest house, tant pis pour le lac, nous préparons les vélos et reprenons la piste. Nous avons la joie de retrouver le goudron juste à quelques kilomètres. Le paysage est vraiment très beau, avec des petites montagnes aux couleurs ocres...

Par contre, Jean-marie de nouveau ne sent pas bien, alors qu'il allait mieux, a-t-il pris froid ce matin ?? Pédaler devient trop dur, nous nous arrêtons dans un tout petit village, Katuka. Le même scénario, Jm est allongé sur le trottoir d'un resto (seul endroit à l'ombre), et tout le village est là à nous regarder sans rien dire, ni rien faire, mais en se rapprochant de plus en plus et en rigolant !!
Ont-ils peur, manquent-ils de courage ? C'est vrai qu'un blanc allongé par terre comme cela, c'est sûrement la première fois qu'ils voient ça !!

En fin d'après-midi le nombre d'enfant augmente, ils sortent de l'école. Un homme un peu «spécial » les fait fuir avec de grands gestes désordonnés et des phrases qui font bien rire les enfants. Ces derniers partent en courant, mais reviennent aussitôt que cet individu s'éloigne un peu. Ce cinéma durera un bon moment, l'homme vocifère, les enfants rigolent et partent en courant, puis reviennent !!

Voyant que Jm ne va pas mieux, il faut trouver une solution. Je part au dispensaire où je rencontre Fatma, la nurse (équivalent de nos infirmières). Je lui explique la situation, qu'il faut que l'on trouve un endroit où nous puissions être au calme pour que mon homme puisse vraiment se reposer.



Yan teste le jouet fabriqué par les enfants.
Sans hésiter, Fatma prend les médicaments nécessaires et nous accompagne chez elle, dans une maison avec une cours fermée. Cette maison est mise à disposition par le village pour les fonctionnaires comme Fatma et Siange, l'institutrice. Fatma installe Jm dans son salon et lui donne les médicaments. Les enfants font vite la connaissance des filles qui vivent ici : 2 jeunes sœurs Teddy et Aglipina et Agnesi. Toutes les trois sont vraiment adorables, toutes intimidées et super serviables. Moi je fais un peu plus connaissance avec les deux jeunes femmes.

Tous les enfants du village restent autour de la maison, entrant dès que la porte s'ouvre. Dans la cour, il y a un puits, les femmes y viennent et aussi observer cet événement. Des hommes viennent voir Jean-marie, s'inquiéter de lui. Il y a même le chef du village d'à côté qui vient prendre des nouvelles, c'est mignon !!
Avec toutes ces bonnes intentions, c'est sûr, Jm sera vite sur pied.

Le lendemain matin, Jean-marie se sent mieux, il est encore faible mais tient debout. Nous prenons la décision de partir pour rejoindre Subwanga une ville à une trentaine de kilomètres. Nous ne voulons pas abuser de la gentillesse de toute la troupe ici. C'est toujours délicat, surtout que nous n'avons pas grand chose à leur laisser. La séparation est très douloureuse. Encore une fois, il ne nous a pas fallu des années pour tisser un lien fort ! Nous faisons une séance photo avec tout le monde. Des larmes coulent de part et d'autre. Merci mesdames et mesdemoiselles, vous êtes des anges sur notre route.

Adella

Notre gentille Fatma

Aglipina

Quelques enfants viennent étudier

Agnesi

Teddy

Fatma et Siange
La maisonnée, merci les filles.
La route pour Subwanga est magnifique et très vallonnée, il nous faut pousser plusieurs fois. Jean-marie puise sur ses forces. Nous avons même droit à une pluie glaciale, nous sortons nos vestes de pluie, cela faisait longtemps ! Nous arrivons dans cette ville sans intérêt pour nous, voire plutôt désagréable par une immense descente de plusieurs kilomètres. Jean-marie tient le coup toute la journée mais est encore très faible. Nous resterons plusieurs jours le temps à l'homme de la famille de retrouver des forces.  


vendredi 2 janvier 2015

Zambie : les chutes Kalambo

Les chutes Kalambo

Après Mbala, le goudron ne dure que sur quelques kilomètres. Après se ne sera que de la piste, large au départ puis plus étroite sur 36 km ! Des passages sableux nous obligent à pousser parfois, la cadence est ralentie ce qui nous permet aussi de mieux profiter des paysages.

Nous traversons quelques petits villages. A chaque fois tous les enfants accourent vers nous en criant, les adultes les accompagnent parfois. S'arrêter est assez compliqué, nous sommes même de temps en temps obligé de nous fâcher.

A la tombée de la nuit nous sommes dans le dernier village de la piste, il y a trop d'enfants réclamant quelque chose. Nous trouvons refuge, c'est le cas de le dire, dans un campement à la sortie du village, qui accueille les engins de chantier pour refaire la piste. Les deux jeunes gardiens nous accueillent gentiment et chassent les enfants du village. Ces derniers restent tout autour du camp. Allant jusqu'à grimper dans les arbres pour nous regarder, nous appeler... Seule la nuit arrivera à les faire réellement partir ! Nous nous installons dans la petite église en bois fabriquée par les deux jeunes.

sur la piste.


Dans la petite église, à l'abris des regards


Jeux de dames

Nouveau jeu inventé par mon équipe !!!

Le lendemain, nous continuons notre route, la piste est de plus en plus vallonnée, avec de belles et longues montées et de moins en moins roulante. Zoé s'en sort très bien, elle arrive à gérer les descentes avec les cailloux... Nous arrivons enfin à un panneau nous indiquant les chutes à 1,5 km, super !!
Le seul hic, c'est qu'à partir de là, la piste est juste défoncée, avec des ornières énormes, des cailloux de chez cailloux, une pente raide... même à pied cela ne serait pas simple alors imaginez avec des vélos pesant pour le plus léger 35 kg !! Yan doit aider sa sœur en retenant le vélo. Nous devons être vigilants à chaque pas. Je ne sais même pas comment font les voitures.







Nous râlons car au tout début de la piste 36 km en amont il y a un "magnifique" panneau parlant des chutes comme d'un héritage site !! Je ne sais pas s'ils ont envie de profiter de se site pour faire venir des touristes, mais la moindre des choses serait de les mettre en garde en précisant que seul les 4x4 peuvent passer. Tout un débat !!

Bref, nous continuons, Zoé tombe, enfin surtout son vélo, rien de bien méchant, nous profitons juste de sa colère et du vocabulaire qui va avec. Je vous laisse découvrir la vidéo .

Nous arrivons au site, exténués et énervés. Nous nous renseignons sur le prix d'entrée du site, le jeune gardien nous annonce 85 k par personne et demi tarif pour les enfants.

Pour observer les chutes, nous devons suivre un sentier bétonné en bordure de montagne. Il y a plusieurs point de vue aménagés. Nous sommes à flanc de montagne, c'est vraiment agréable. Surtout qu'il n'y a pas de touristes, et pour cause !!! Les chutes ne sont pas très larges mais par contre elles mesurent 235 mètres, c'est vraiment impressionnant. De l'autre côté c'est la Tanzanie. Ce sont les chutes qui font la frontière entre ces deux pays. Nous allons aussi sur le haut des chutes, à ces endroits il y a toujours une magie particulière, un contraste entre le calme du cours d'eau et la puissance et le bruit des chutes de l'autre ! J'aime bien.










De retour à l'accueil, nous nous renseignons sur le prix du camping, 85 kwachas !! La c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Pourquoi ? Parce que ce qui est censé être le camping n'est ni plus ni moins qu'un espace pas nettoyé du tout, remplit de cailloux entre autres, pour camper il y a mieux !!
Quand on demande s'il y a de l'eau chaude, le gardien dit oui, puis en allons faire le tour des sanitaires, on se rend compte que ce n'est pas vrai, alors il nous explique qu'il n'y a plus de fuel ! Les sanitaires tout neusf ne sont pas entretenus et pourtant on ne peut pas dire que le gardien soit dérangé par la foule !!! Je pense qu'il est surtout gêné par le poil qu'il traîne !! En ce qui concerne l'électricité c'est pareil, tout est là sauf l'électricité !! Nous nous mettons vraiment en colère, il ne faut pas prendre les touristes pour des imbéciles ou des vaches à lait. Pour vous donner un ordre de grandeur, à Livingstone nous payons 70 kwacha, pour de l'herbe bien verte, des sanitaires propres, de l'eau chaude et de l'électricité sans oublier la piscine. Bref, hors de question de payer si cher pour rien, car dormir ici ou bivouaquer dans la nature je ne vois pas la différence.

Le gardien nous explique que lui n'y est pour rien, que c'est le gouvernement... ce que nous pouvons comprendre, sauf pour le fait d'entretenir une ou deux petites parcelles de terrain pour accueillir les campeurs. Pour ça, ce n'est pas un problème de moyen mais un problème de motivation ou …
Il n'empèche que nous en avons marre que les efforts ne soient que dans un sens, le gouvernement veut que l'on paye, à lui aussi de faire un minimum. Je suis tellement remontée que je demande le nom du responsable, pour dire mon mécontentement. Quand le gardien comprend mon intention, la peur l'envahit, même si je lui explique que je n'ai rein contre lui...

Du coup nous pouvons nous installer pour la nuit. Le lendemain matin le gardien et ses amis moyennant un billet nous aident à remonter les vélos, sur la partie extrêmement mauvaise. Il fait très chaud. Sans eux nous aurions dû le faire vélo après vélo à deux, car je suis dans incapable de pousser seule le pino dans ses conditions et Zoé ne peut pas non plus pousser le sien.

Les garçons prennent en charge les vélos, ils sont motivés !! par l'argent ou par la peur de ma lettre ??? Nous ne saurons pas, mais le gardien me demandera tout de même de ne pas écrire !!







Il nous reste encore 35 km pour revenir sur la grande piste. Nous retraversons les même villages qu'à l'aller, mais ceux-ci sont plus calmes. Nous sommes dimanche et une bonne partie des villageois sont à la messe. Nous arrivons sur un petit pont et dans l'eau deux petites filles s'amusent à faire des bulles dans l'eau. Avec le bruit de leurs bulles elles ne nous ont pas entendu arriver, elles sont trop mignonnes. En relevant la tête elles sont fort surprises de voir des blancs ici en train de les regarder !! Elles partent. Nous en profitons pour nous rafraîchir, à notre tour, sous l’œil amusé d'autres enfants.







La piste est longue, elle n'en finit pas, pourtant le rythme est assez bon, sans doute que nous profitons d'une légère pente imperceptible !
Mais à un passage un peu sableux, Zoé qui me suit et veux faire comme moi, je la vois dans mon rétro, le vélo part dans tout les sens, la peur m'envahit et un dixième de seconde après, ma Zoé tombe assez violemment, elle casse son rétroviseur. Elle s'égratigne les mains et le genou, mais plus de peur que de mal. Elle accourt vers moi, rien de tel qu'une maman dans ces cas-là, non ?
Moi aussi j'ai eu peur, je ne veux pas imaginer la même scène sur une route fréquentée... restons positifs et confiants !!

Comme ma Zoé est courageuse, elle repart sous nos encouragements. Nous arrivons enfin à la grand piste, plus roulante. Cette piste nous amène droit à la frontière Tanzanienne. Il nous reste 10 km, nous n'avions pas prévu de les faire le même jour vu la difficulté des 36 km que nous venons de faire. Mais un automobiliste qui c'est arrêté pour nous parler, nous informe qu'il y a une guest house avec électricité. Cela remotive la troupe, ce soir nous serons donc en Tanzanie.



Les 10 km ont été terribles, presque la moitié n'est qu'une montée raide, nous poussons nos vélos, nous en avons marre. Nous envisageons d'abandonner pour aujourd'hui, mais nulle part où dormir, le bush ici à été tout brûlé, ce qui nous empêche de planter la tente, notre réserve d'eau est presque à sec... il n'y a rien à faire que continuer, puiser dans nos réserves... Dans ces cas-là, c'est souvent le silence entre nous, personne ne parle gardant toutes ses forces pour pédaler.

Quand nous arrivons à la frontière Zambienne il commence à faire nuit, une nuée d'enfants nous suivent et nous entourent. Un homme, douanier ? Nous explique que nous devons faire tamponner nos passeports à Mpulungu !!! Notre sang se glace, et nos bras en tombent !!

Ouf, après quelques minutes de discussion, il comprend et appelle son collègue qui est en train de manger en Tanzanie. L'homme arrive et nous tamponne nos visas à l'aide de nos lampes frontales car il n'y a pas d'électricité dans son bureau, enfin dans tout le village. Nous traversons la frontière de nuit en suivant Zoé qui nous éclaire. Nous arrivons au poste de douane de la Tanzanie où il y a l'électricité !!!


Nous n'avions pas prévu de passer autant de temps en Zambie, mais se pays et surtout sa population a su nous fasciner, nous émerveiller... Trois mois qui laissent en nous un goût de reviens-y ? Des amitiés fortes se sont créées. Nous repartons de ce pays le cœur plein d'amour et de richesse intérieure. La seule question qui nous reste, y reviendrons-nous un jour ?????