dimanche 3 avril 2016

Malaisie : 2 ème partie

La Malaisie ou le pays de la générosité

Je ne pourrai pas vous raconter toutes les belles rencontres, toute la générosité dont les Malaisiens ont fait preuve avec nous, la liste serait trop longue et sans doute ennuyante pour vous. Je vais donc juste vous raconter notre journée du 14 mai 2015 (bon anniversaire ma Sabine et mon ami Alain) sur la route entre Melaka et Gemencheh. Une journée incroyable que nous ne sommes pas prêts d'oublier et qui fait d'ailleurs très souvent partie de nos récits ! Une journée pour montrer tout ce que nous avons reçu tout au long de ce pays étonnant, en plus de ce que j'ai déjà raconté ci-dessus.

Nous roulons sur une route assez sympa et vallonnée, Yan qui débute en tant que pédaleur autonome souffre un peu mais s'en sort plutôt bien. Une voiture nous arrête, un homme en descend et nous offre des boissons ! Il nous avait vu à l'aller, il est donc allé acheter des boissons et à fait demi-tour pour nous rejoindre et nous les offrir. Quelques kilomètres plus loin, une autre voiture s'arrête, cette fois-ci ce sont des énormes fruits que les gens nous offrent !! On n'en revient pas. A midi nous nous arrêtons comme d'habitude dans un resto de rue, une sorte de boui-boui, un client nous offre nos jus de citron et le soir c'est tout le repas qui nous est offert par les 2 femmes du restaurant ! Elles s'arrangent aussi pour que l'on puisse avoir la clé des douches publiques. Enfin, l'un des maris nous demande de le suivre, il nous amène dormir dans une maison, nous avions prévu le stade de foot ! Il nous installe, repart puis revient avec des boissons et des sandwiches. Nous échangeons un moment puis ils s'en vont pour nous laisser dormir en repensant à cette journée mémorable.




Zo et ses parents

On pourrait en rajouter bien d'autres, comme Romzini qui nous héberge deux jours, nous fait visiter les environs et nous emmène au restaurant... A notre départ il versera une larme, moi aussi, Il y a aussi les frères Zo et Adam, la famille d'Arissa qui nous offre des tissus typiques et j'en passe.









Sur la route qui nous mène au lac Chini, nous ne pouvons que constater les dégâts de la déforestation au profit des plantations de palmiers pour l'huile de palme. Sur des collines entières la forêt a été coupée pour laisser place aux palmiers, c'est vraiment déprimant. La route n'est dans un premier temps pas agréable, il fait très chaud, cela monte et la circulation est dense. Nous sommes un peu sur le qui vive avec Yan qui n'a pas encore l’expérience de Zoé. Le moral des troupes est en chute libre. Les esprits s'échauffent un peu. Les choses s'arrangent lorsque nous quittons la grande route pour une petite plus agréable et beaucoup moins stressante.


Bientôt une palmeraie !!



Au lac nous retrouvons Nolwenn et Nordine avec qui nous avions sympathisé dans l'ashram d'Amma en Inde, ainsi que le jeune cycliste Nicolas de Melaka. Nous sommes super contents de ces retrouvailles, cela fait du bien au moral... Yan retrouve avec Nordine son copain d'aventures, d'histoires incroyables, de bricolage en tout genre... il ne quittera pas ''magique Baba'' durant tout le temps où nous restons ensemble ! Revoir des personnes de l'Inde, c'est tout de même excellent, le monde est petit !

Nolwenn et Nordine

Yan répare ses chaussures

Notre hôtel au dessus de l'eau, nous souhaite la bienvenue
"Selamat Datang"


Nos voisins charges du bois.

Un cadeau de la nature inoubliable

Nous rejoignons la côte en empruntant au maximum de petites routes. Souvent nous dormons sur la plage pour profiter de la vue. Les plages ici sont vraiment tranquilles, pas toujours super propres, malheureusement car le paysage est toujours superbe, une vraie carte postale.

A Rantau Abang, mini village de pêcheurs, nous nous arrêtons pour deux nuits. Il y a un sanctuaire aux tortues que nous voulons visiter. Nous trouvons un abri en bord de plage pour dormir à côté des pêcheurs. Le seul problème c'est qu'ils se lèvent tôt et qu'ils viennent papoter avec nous au petit matin ! La visite du centre d'information sur les tortues passionnent les enfants. C'est très bien fait, on se régale. Nous comprenons aussi le désastre qui est en train de se produire sur les différentes espèces. La baisse considérable du nombre des individus... Ici tout le monde nous explique que ce n'est plus comme avant, qu'il est difficile de voir des tortues, que certaines espèces ne viennent même plus pondre sur les plages de Malaisie... Nous sommes en période de ponte, alors nous voulons y croire et espérer que nous aurons la chance de voir une de ces merveilleuses créatures venir déposer ses œufs, même si tout le monde dit qu'il n'y a aucune chance.









Le soir après une baignade, je me met à méditer sur la plage. Pendant la méditation mes pensées s'évadent et partent rencontrer ces animaux extraordinaires qui sont capables après plusieurs années de revenir sur leur lieu de naissance. Un échange virtuel se crée. Je leur fait part de l'envie que nous avons de les voir...
Les sensations des méditations sont toujours différentes et toujours propres à chacun, il est donc très difficile d'expliquer ce qui se passe pendant ce laps de temps !! De plus, le côté immatériel de cette pratique peu sembler farfelue à bon nombre.

Bref, la fin de journée se passe comme d'habitude, nous nous endormons sans avoir la moindre idée de ce qui allait se passer dans quelques heures, au petit matin.
Le soleil n'est pas encore levé quand un pêcheur vient nous parler. Notre première pensée n'est pas très positive, ''Encore, mais pourquoi viennent-ils nous parler si tôt ?''... petit à petit notre cerveau sort de son sommeil et ce connecte à cet homme qui nous parle. Il est venu nous prévenir qu'une tortue verte est en train de pondre...nous bondissons, pas de nos lits puisque nous dormons par terre mais sur nos deux pieds !
La tortue est là, juste à 20 m du lieu où nous dormons ! Incroyable, nous n'en revenons pas. L'obscurité est encore présente mais nos yeux grands ouverts ne perdent rien du spectacle qui se déroule sous nos yeux, pour de vrai... nous sommes là en chair et en os, la tortue est bien en train de creuser... A-t-elle entendu mon message virtuel ? On ne le saura jamais, mais merci la nature, merci le voyage, merci la vie...










Nous voudrions la toucher, la caresser, l'embrasser tellement nous sommes aux anges, mais nous savons aussi que ce serait lui nuire. L'homme du sanctuaire nous explique comment cela se passe. La tortue a l'air épuisée, elle fait des pauses et souffle fortement. Elle qui passe l'essentiel de sa vie dans l'eau, elle a due se hisser jusqu'au haut de cette plage, creuser un trou pour y déposer ses œufs, le reboucher et brouiller les traces du trou pour que l'on ne sache pas où il est. Il lui aura fallu plusieurs heures. Au moment ou elle commence à prendre le chemin du retour en direction de l'eau, l'émotion monte. Nous pouvons voir ce géant des mers se tirer à bout de force pour rejoindre l'eau. Nous voudrions la garder avec nous mais aussi l'aider à repartir pour qu'elle puisse enfin se sentir à l'aise dans son élément....
Quand enfin, elle s'élance dans la grande bleue le soleil brille déjà depuis un moment, il est difficile de ne pas sauter dans l'eau pour la suivre... Bonne route ma belle, prend soin de toi et encore merci pour ce cadeau incroyable.

video
3 vidéos sur les tortues : clic, clac , cloc

Nous revenons sur notre lieu de campement, nous avons la sensation de marcher sur un nuage, nous planons, nous sommes euphoriques.

Notre hôtel



L'homme du sanctuaire arrive en scooter, il nous demande si l'on veut bien l'aider... Bien sûr, il aurait pu nous demander n'importe quoi que l'on aurait accepté, porter par la joie. Nous acceptons et attendons de voir ce qu'il veut. Il nous tend un seau et nous dit voilà, j'ai 4 petites tortues qui viennent de naître, il faut les remettre à l'eau !!! On n'en croit pas nos oreilles, nous venons juste de dire au-revoir à une femelle et nous voilà avec 4 petites tortues magnifiques. Nous avançons sur la plage avec le seau, à mi-chemin, le monsieur nous informe que c'est bon ici, il faut que les tortues aient un effort à faire pour leurs permettre de mémoriser le lieu afin d'y revenir dans quelques années on l'espère. Nous couchons délicatement le seau pour rendre leur liberté à ces petites créatures. Elles partent comme des flèches en direction de l'eau. Elles sont impressionnantes, tellement petites et tellement vigoureuses. Les minis vagues de sable sur la plage, semblent des montagnes, mais rien ne les arrête. Elles arrivent à tour de rôle devant cette immensité, pour la première fois de leur vie, elles plongent dans un autre monde... bonne route mes belles.





Si petite !

Je pense que je n'ai pas besoin de vous raconter dans quel état émotionnel nous sommes après cette matinée exceptionnelle que nous ne sommes pas prêts d'oublier ! Je repense à ma méditation, je ne sais pas si il y a un lien de cause à effet !!! Je veux y croire. Ma gratitude va à notre mère nature, qu'elle puisse continuer à nous émerveiller pour mieux la protéger.

Ce que cette expérience nous démontre, c'est qu'il faut croire en ses rêves même s'ils paraissent improbables. Et vous quels sont vos rêves ?

La route continue

1 commentaire:

  1. Quelle merveille de vous lire et de participer à la naissance de ces petites tortues! super que vous ayez retrouvé Nordeen et Nolwenn, toute ces aventures me mettent l'eau à la bouche et nous montrent combien le monde est vaste et généreux. je suis de retour à Nîmes, après un petit sejour au Brésil. et je reviens de Pontgouin où je continue à me former en permaculture. Oui prenons soin à nouveau de Mère nature, dans nos pays qui l'oublient...Gros bisous à tous les 4 et particulièrement à Zoé, Dhyeya-marie Noëlle

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